Situé Rue Raymond Lavigne, après la guerre de 39/45 a été le lieu de rencontre de toute la jeunesse de qui était alors le "Bas Floirac". Ah, si les fauteuils pouvaient parler. (1)


L’implantation d’un cinéma à Floirac remonte aux environs de1925. Les deux doyens furent le cinéma Royai,place de la République,et le Victoria-Palace,rue Raymond-Lavigne. La carrière du Royal, installé dans la salle d'une ancienne guinguette, fut relativement brève,puisqu'elle prit fin au début de l'occupation allemande. Précisons que les baraques Adrian,situées derrière le cinéma,étaient alors occupées par 'ennemi,comme la plupart des usines voisines.La zone était donc exposée aux bombardements.Ce désagrément provoqua l'ouverture d'une nouvelle salle de cinéma, Le Celtic,dont le nom correspondait assez bien à l'idéologie pétainiste.Situé dans un bâtiment en bois de la salle Geneviève qui jouxtait lecafé-restaurant du pont de la Souys, rue Jules-Guesde,ce modeste temple du  septième art dura à peu près ce que durent les   roses puisqu'il disparut dans un incendie en1944.Attentat ou accident?Nul ne le sait.À la Libération,le cinéma Royal,débarrassé de ses gênants voisins, modernisa sa salle et sonexploitation technique.Il rouvrit ses portes sous le nom de Studio. Mais le nouveau propriétaire, M.Bruguera,qui n'avaitjamais touché un film de sa vie,fit appel à un projectionniste ambulant pour le seconder. Le dernier propriétaire du Studio fut Marc Dennonai,un ferronnier d'art qui souhaitait utiliser les dépendances du cinéma pour installer son atelier tout en assurant parallèlement les projections dans la salle.Mais le destin en décida autrement.Un clochard,qui avait l'habitude de loger dans le grenier du bâtiment,mit involontairement le feu à sa paillasse le soir même de la vente devant notaire,alors que lenouveau propriétaire n'avait pas encore contracté d'assurance.Longtemps,la carcasse calcinée du Studio hanta la place de la République. Il ne fut totalement rasé que récemment.

Le cinéma Victoria-Palace bénéficiait de l'appellation moins glorieuse de«Chez Ficelle ",surnom donné aupropriétaire-exploitant M.Tresbayle. Ce sobriquet venait de l'habileté qu'il témoignait à rapetasser consciencieusement les fauteuils détériorés de son cinéma avec d'innombrables bouts de ficelle. Mais il faut dire que le spectacle se trouvait tout autant sur l 'écran qu'au balcon où les spectateurs,fort bruyants,étaient passablement excités. Quant à la cabine de projection,avec ses deux vénérables projecteurs à charbon, elle servait aussi de cuisine et même de chambre à coucher. «Chez Ficelle», c'était une entreprise familiale:le patron,Joseph,et son frère Raphaël, étaient à tour de rôle opérateurs,caissier soubricoleurs en tout genre.Tandis que la patronne qui, à la fin de ces années de gloire était une petite vieille souriante, toujours vêtue de noir,faisait office d'ouvreuse ou de"dame pipi"... Certains se souviennent qu'à ses débuts le Victoria-Palace programma quelques bons films,ce qui ne l'empêcha pas de mourir de vieillesse il y a près de vingt cinq ans.(2)













( 1) Source groupe relais habitant

(2) extrait les cinémas de la rive droite (écran magique)